L'hospitalisme est un terme utilisé pour décrire les effets psychologiques négatifs de l'hospitalisation prolongée sur le développement des nourrissons et des jeunes enfants. Initialement identifié par le pédiatre René Spitz dans les années 1940, l'hospitalisme se caractérise par un retard de croissance, des troubles émotionnels et des altérations du développement chez les enfants exposés à des environnements hospitaliers pendant de longues périodes.
Les enfants hospitalisés sont confrontés à une série de stress et de perturbations qui peuvent compromettre leur bien-être émotionnel et leur développement psychologique. La séparation d'avec les parents, la perte de routines familières, les procédures médicales douloureuses, le confinement à un lit d'hôpital et le manque de stimulation sociale et sensorielle peuvent tous contribuer à l'hospitalisme.
Les effets de l'hospitalisme peuvent être variés et durables. Les enfants hospitalisés sont plus susceptibles de présenter des retards de croissance physique et intellectuelle, des troubles du sommeil, des problèmes d'attachement et des difficultés émotionnelles telles que l'anxiété et la dépression. De plus, les enfants qui ont été hospitalisés peuvent être plus vulnérables aux maladies mentales à l'âge adulte.
Pour atténuer les effets de l'hospitalisme, des stratégies spécifiques peuvent être mises en œuvre. Tout d'abord, il est crucial de favoriser la présence des parents auprès de l'enfant hospitalisé autant que possible. Les visites régulières des parents et le maintien de routines familières peuvent aider à réduire l'anxiété et à renforcer le lien parent-enfant. De plus, les efforts pour créer un environnement hospitalier plus convivial pour les enfants, avec des espaces de jeu et des activités adaptées à leur âge, peuvent favoriser le développement social et émotionnel.
L'implication des équipes médicales et des professionnels de la santé mentale est également essentielle pour soutenir le bien-être des enfants hospitalisés. Les interventions psychologiques telles que le jeu thérapeutique, la thérapie par l'art et la thérapie par le jeu peuvent aider les enfants à exprimer leurs émotions et à faire face au stress de l'hospitalisation. De plus, la formation du personnel hospitalier sur les besoins spécifiques des enfants et la promotion de pratiques centrées sur la famille peuvent améliorer la qualité des soins pédiatriques.
En conclusion, l'hospitalisme représente un défi majeur pour le développement des enfants hospitalisés. En comprenant ses effets néfastes et en mettant en œuvre des stratégies d'atténuation appropriées, il est possible d'améliorer les résultats psychologiques et émotionnels des enfants confrontés à une hospitalisation prolongée.
Sources :
Spitz, R. A. (1945). Hospitalism: An Inquiry into the Genesis of Psychiatric Conditions in Early Childhood. Psychoanalytic Study of the Child, 1(1), 53-74.
Lester, B. M., & Hawes, K. (2017). ACOG Committee Opinion No. 736: Optimizing Postpartum Care. Obstetrics & Gynecology, 130(5), e168-e186.
Kain, Z. N., & Mayes, L. C. (2009). Postoperative Behavior in Children. Current Opinion in Anaesthesiology, 22(3), 392-397.