Définition
L’adénectomie, également appelée adénoïdectomie, est une intervention chirurgicale consistant à retirer les végétations adénoïdes, aussi appelées amygdale pharyngée ou tissu adénoïde.
Les végétations adénoïdes sont constituées de tissu lymphoïde et se trouvent dans le rhinopharynx, derrière les fosses nasales et au-dessus de la partie postérieure de la gorge. Elles participent au système immunitaire, particulièrement durant l’enfance.
L’adénectomie est principalement réalisée chez l’enfant lorsque l’augmentation de volume ou l’inflammation persistante des végétations provoque une obstruction nasale, des troubles respiratoires du sommeil, certaines maladies de l’oreille moyenne ou des infections persistantes.
Anatomie des végétations adénoïdes
Les végétations adénoïdes font partie de l’anneau lymphatique de Waldeyer, qui comprend également les amygdales palatines, les amygdales linguales et d’autres formations lymphoïdes du pharynx.
Elles sont situées à la partie supérieure et postérieure du rhinopharynx, à proximité des orifices des trompes d’Eustache.
Le tissu adénoïde est présent dès la naissance et augmente généralement de volume durant l’enfance. Il régresse habituellement au cours de l’adolescence et peut devenir très réduit chez l’adulte.
Hypertrophie des végétations adénoïdes
L’hypertrophie adénoïdienne correspond à une augmentation excessive du volume du tissu adénoïde.
Lorsqu’elles deviennent volumineuses, les végétations peuvent réduire le passage de l’air entre les fosses nasales et le pharynx.
Cette obstruction peut provoquer :
- une respiration difficile par le nez ;
- une respiration buccale ;
- des ronflements ;
- une voix nasonnée ou modifiée ;
- des troubles respiratoires du sommeil ;
- une apnée obstructive du sommeil ;
- une congestion nasale persistante.
L’hypertrophie peut également perturber le fonctionnement des trompes d’Eustache et favoriser l’accumulation de liquide dans l’oreille moyenne.
Indications
L’adénectomie n’est pas systématique en présence de végétations volumineuses. La décision dépend surtout des symptômes, de leur durée, de leur gravité et de leur impact fonctionnel.
Les principales indications comprennent :
- obstruction nasale importante et persistante ;
- respiration buccale chronique liée à l’obstruction nasale ;
- troubles respiratoires du sommeil ;
- apnée obstructive du sommeil ;
- adénoïdite chronique ou récidivante malgré un traitement médical approprié ;
- certaines formes de rhinosinusite chronique ou récidivante ;
- otite moyenne avec épanchement persistante dans certaines situations ;
- dysfonction persistante de la trompe d’Eustache ;
- certaines otites moyennes récidivantes ;
- troubles de la voix associés à l’obstruction ;
- certaines perturbations de la croissance oro-faciale liées à une obstruction chronique.
L’American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery mentionne notamment, parmi les situations pouvant justifier une adénectomie, les troubles du sommeil avec obstruction nasale persistante, certaines adénoïdites persistantes, l’otite moyenne avec épanchement et certains troubles de la croissance oro-faciale.
Adénectomie et apnée obstructive du sommeil
Chez certains enfants présentant une hypertrophie importante des végétations, l’obstruction du rhinopharynx peut contribuer à l’apnée obstructive du sommeil.
Pendant le sommeil, les voies respiratoires supérieures peuvent devenir plus facilement obstruées. Cette obstruction peut provoquer des épisodes répétés de diminution ou d’interruption du flux respiratoire.
L’adénectomie peut améliorer le passage de l’air et réduire les symptômes lorsque les végétations constituent une cause importante de l’obstruction. Selon les cas, une adéno-amygdalectomie, c’est-à-dire l’ablation des végétations et des amygdales palatines, peut être indiquée.
Adénectomie et otite moyenne
Les végétations adénoïdes sont situées à proximité des trompes d’Eustache, qui assurent notamment la ventilation de l’oreille moyenne.
Une hypertrophie ou une inflammation persistante du tissu adénoïde peut contribuer à une dysfonction de la trompe d’Eustache et à la présence prolongée d’un épanchement dans l’oreille moyenne.
Chez certains enfants présentant une otite moyenne avec épanchement persistante, une adénectomie peut être réalisée, parfois en association avec la pose de tubes de tympanostomie. Les recommandations dépendent notamment de l’âge de l’enfant et de la situation clinique.
Évaluation avant l’intervention
Avant une adénectomie, le médecin évalue notamment :
- les symptômes ;
- leur durée ;
- les infections antérieures ;
- les troubles respiratoires nocturnes ;
- les ronflements ;
- les antécédents d’otites ;
- l’audition ;
- la respiration nasale ;
- l’état des amygdales ;
- le palais et la fonction vélopharyngée ;
- les antécédents chirurgicaux ;
- les antécédents de saignement.
Les végétations peuvent être évaluées par examen ORL, notamment par nasofibroscopie ou nasoendoscopie. Une radiographie latérale du cou ou d’autres examens d’imagerie peuvent être utilisés dans certaines situations, mais ne sont pas systématiquement nécessaires.
Préparation à l’intervention
L’adénectomie est habituellement réalisée sous anesthésie générale.
Avant l’intervention, l’équipe médicale donne des instructions concernant notamment :
- le jeûne préopératoire ;
- les médicaments à prendre ou à interrompre ;
- les antécédents médicaux ;
- les allergies ;
- les problèmes de coagulation ;
- les antécédents anesthésiques.
Les consignes de jeûne doivent être respectées afin de réduire les risques liés à l’anesthésie.
Déroulement de l’intervention
L’adénectomie est généralement réalisée par voie transorale, c’est-à-dire en passant par la bouche.
Le chirurgien expose la région située derrière le nez et retire le tissu adénoïde.
Différentes techniques peuvent être utilisées, notamment :
- curetage chirurgical ;
- électrocautérisation ;
- microdébrideur ;
- coblation ;
- radiofréquence ;
- autres instruments chirurgicaux spécialisés.
L’utilisation d’une endoscopie peut permettre de mieux visualiser le tissu adénoïde et les structures voisines.
L’objectif est de retirer ou de réduire suffisamment le tissu responsable des symptômes tout en limitant les lésions des structures anatomiques voisines.
L’American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery considère qu’aucune technique ou aucun instrument n’a démontré une supériorité claire dans toutes les situations et laisse au chirurgien le choix de la technique adaptée au patient.
Durée de l’intervention
L’intervention est relativement courte. Le NHS indique qu’une adénectomie dure généralement environ 30 minutes, bien que la durée réelle puisse varier selon la technique utilisée, l’anatomie du patient et la réalisation éventuelle d’autres interventions au même moment.
Interventions associées
L’adénectomie peut être réalisée seule ou en association avec une autre intervention.
Elle peut notamment être associée à :
- une amygdalectomie ;
- une adéno-amygdalectomie ;
- une myringotomie ;
- la pose de tubes de tympanostomie ;
- certaines interventions ORL destinées à traiter une obstruction ou une maladie de l’oreille.
Le choix dépend de la cause des symptômes et des résultats de l’évaluation ORL.
Après l’intervention
Après l’adénectomie, le patient est surveillé en salle de réveil jusqu’à ce que les effets de l’anesthésie diminuent suffisamment.
L’intervention est souvent réalisée en chirurgie ambulatoire, ce qui signifie que le patient peut généralement rentrer à domicile le jour même lorsqu’il est suffisamment réveillé, qu’il peut boire et que son état est jugé satisfaisant.
Chez certains jeunes enfants ou dans certaines situations médicales, une surveillance prolongée ou une hospitalisation peut être nécessaire.
Symptômes après l’intervention
Les suites opératoires sont généralement relativement simples.
Les symptômes temporaires peuvent comprendre :
- mal de gorge ;
- douleur irradiant vers les oreilles ;
- nez bouché ;
- mauvaise haleine ;
- nausées ;
- fatigue liée à l’anesthésie ;
- modification temporaire de la voix ;
- sensation d’écoulement ou de congestion nasale.
Une voix temporairement plus nasonnée peut notamment apparaître après l’intervention et revient habituellement à la normale.
Alimentation et hydratation
Une bonne hydratation après l’intervention est importante.
Le patient peut généralement recommencer à boire et à manger progressivement selon les instructions de l’équipe médicale.
Une consommation insuffisante de liquides peut entraîner une déshydratation, particulièrement chez les jeunes enfants.
La reprise de l’alimentation habituelle dépend de la tolérance du patient et des recommandations du chirurgien.
Récupération
La récupération après une adénectomie isolée est généralement rapide.
Le NHS indique qu’il faut habituellement environ une semaine pour récupérer. La durée peut toutefois varier selon l’âge, l’état général du patient et la réalisation d’une intervention supplémentaire, notamment une amygdalectomie.
Une fatigue temporaire est possible pendant les premiers jours.
Complications
L’adénectomie est généralement considérée comme une intervention sûre, mais comme toute chirurgie, elle comporte certains risques.
Les complications possibles comprennent :
- saignement ;
- infection ;
- douleur ;
- déshydratation ;
- nausées et vomissements ;
- réaction ou complication liée à l’anesthésie ;
- traumatisme dentaire ;
- lésion des lèvres, de la langue ou des tissus de la bouche ;
- obstruction respiratoire postopératoire exceptionnelle ;
- modification persistante de la voix ;
- dysfonction vélopharyngée ;
- lésion des structures voisines ;
- syndrome de Grisel, complication très rare ;
- repousse du tissu adénoïde.
Les complications graves sont rares.
Hémorragie
Le saignement postopératoire constitue l'une des complications les plus importantes à surveiller.
Le risque est faible. StatPearls rapporte une fréquence d’environ 1 cas sur 1 000, la majorité des saignements étant spontanément résolutifs et ne nécessitant pas d’intervention supplémentaire.
Toutefois, un saignement important provenant du nez ou de la gorge après l’intervention nécessite une évaluation médicale urgente.
Dysfonction vélopharyngée
La dysfonction vélopharyngée survient lorsque le voile du palais et les parois du pharynx ne parviennent pas à fermer correctement la communication entre la bouche et le nez pendant certaines fonctions, notamment la parole.
Elle peut entraîner une voix anormalement nasonnée ou une fuite d’air par le nez.
Une dysfonction vélopharyngée persistante est rare, mais le risque est particulièrement important chez certaines personnes présentant des anomalies du palais, notamment une fente palatine ou certaines anomalies sous-muqueuses du palais.
Une évaluation attentive du palais avant l’intervention est donc importante lorsque des facteurs de risque sont présents.
Repousse des végétations
Une partie du tissu adénoïde peut parfois persister ou repousser après l’intervention.
La repousse est plus fréquente lorsque l’adénectomie est réalisée à un très jeune âge.
Dans la plupart des cas, elle ne provoque pas de symptômes suffisamment importants pour nécessiter une nouvelle intervention. Cependant, une nouvelle adénectomie peut parfois être envisagée lorsque les symptômes réapparaissent.
Syndrome de Grisel
Le syndrome de Grisel est une complication extrêmement rare caractérisée par une subluxation non traumatique de l’articulation atlanto-axoïdienne, située entre les deux premières vertèbres cervicales.
Il peut survenir dans un contexte inflammatoire ou infectieux après certaines interventions ORL.
Il s'agit d'une complication exceptionnelle mais potentiellement grave nécessitant une prise en charge médicale rapide.
Contre-indications et précautions
Certaines situations nécessitent une prudence particulière avant de réaliser une adénectomie.
Une attention particulière est notamment nécessaire en présence :
- d'une fente palatine ;
- d'une insuffisance vélopharyngée ;
- d'un trouble important de la coagulation ;
- d'une infection aiguë ou d'une autre affection nécessitant un report de l'intervention ;
- de certaines anomalies craniofaciales.
La présence d'une fente palatine ou d'une insuffisance vélopharyngée peut notamment augmenter le risque de troubles de la parole après l'ablation des végétations.
Adénectomie chez l’adulte
L’adénectomie est principalement pratiquée chez l’enfant.
Les végétations adénoïdes régressent généralement avec l’âge et sont souvent très réduites chez l’adulte.
Une hypertrophie adénoïdienne importante ou nouvelle chez un adulte est donc moins habituelle et peut nécessiter une recherche plus approfondie de sa cause. Certaines infections, maladies inflammatoires et, plus rarement, certaines tumeurs du rhinopharynx peuvent provoquer une masse dans cette région.
Pronostic
Le pronostic après une adénectomie est généralement très favorable.
Chez les patients correctement sélectionnés, l’intervention peut :
- améliorer la respiration nasale ;
- réduire les ronflements ;
- améliorer les troubles respiratoires du sommeil ;
- diminuer certains problèmes liés à l’obstruction adénoïdienne ;
- contribuer à réduire certaines maladies de l’oreille moyenne ;
- améliorer certains symptômes liés à l’adénoïdite chronique.
Le résultat dépend toutefois de la cause des symptômes. Une adénectomie ne corrige pas nécessairement toutes les causes de ronflement, d'apnée du sommeil, d'obstruction nasale ou d'otite.
Quand consulter rapidement après une adénectomie
Une évaluation médicale urgente est nécessaire notamment en présence :
- d'un saignement important du nez ou de la gorge ;
- de sang rouge vif provenant de la bouche ou du nez ;
- de vomissements contenant du sang ;
- de difficultés respiratoires ;
- d'une incapacité à boire ;
- de signes importants de déshydratation ;
- d'une douleur importante ou qui s'aggrave ;
- d'une forte fièvre ou d'un état général qui se détériore.
Un saignement postopératoire doit particulièrement être pris au sérieux.
À retenir
L’adénectomie, ou adénoïdectomie, est une intervention chirurgicale visant à retirer les végétations adénoïdes situées dans le rhinopharynx.
Elle est surtout pratiquée chez l’enfant lorsque les végétations provoquent des symptômes importants, notamment une obstruction nasale persistante, des troubles respiratoires du sommeil, une apnée obstructive du sommeil, une adénoïdite chronique ou certaines maladies de l’oreille moyenne.
L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie générale et par voie transorale. Elle peut être effectuée seule ou associée à une amygdalectomie ou à la pose de tubes de tympanostomie.
La récupération est généralement rapide et les complications graves sont rares. Les principaux risques comprennent notamment l’hémorragie, l’infection, la déshydratation, la modification temporaire de la voix, la dysfonction vélopharyngée et, plus rarement, la repousse du tissu adénoïde ou le syndrome de Grisel.
Chez l’adulte, une hypertrophie importante ou nouvelle des végétations mérite une évaluation ORL particulière afin d'en rechercher la cause.
Références
- National Health Service (NHS). Adenoidectomy. Gouvernement du Royaume-Uni.
- American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery (AAO-HNS). Clinical Indicators: Adenoidectomy.
- American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery (AAO-HNS). Position Statement: Tonsil and Adenoid Surgery. Révisé en octobre 2024.
- StatPearls / National Center for Biotechnology Information (NCBI). Adenoid Hypertrophy. National Library of Medicine.
- StatPearls / National Center for Biotechnology Information (NCBI). Adenoiditis. National Library of Medicine. Mise à jour du 31 janvier 2026.
- Rosenfeld RM, et al. Clinical Practice Guideline: Tympanostomy Tubes in Children (Update). Otolaryngology–Head and Neck Surgery. 2022.
- Cambridge University Hospitals NHS Foundation Trust. Adenoidectomy. Informations destinées aux patients, 2026.
- Frimley Health NHS Foundation Trust. Adenoidectomy. Informations destinées aux patients, révisées en 2026.
- Miller BJ, Gupta G. Adenoidectomy. In: StatPearls [Internet]. National Center for Biotechnology Information.