Les acariens sont de petits arthropodes appartenant à la sous-classe des Acari, au sein des arachnides. Ils comprennent un très grand nombre d'espèces présentes dans pratiquement tous les milieux terrestres et aquatiques. Leur taille est généralement très petite, souvent inférieure à quelques millimètres, et de nombreuses espèces sont difficilement visibles à l'œil nu.
Les acariens présentent une diversité biologique considérable. Certaines espèces vivent librement dans les sols, la végétation, les eaux douces ou les matières organiques en décomposition, tandis que d'autres vivent comme parasites sur les animaux ou les plantes. Certaines espèces présentes dans les habitations peuvent également être responsables d'allergies.
Classification et caractéristiques
Les acariens appartiennent aux arachnides, le même grand groupe zoologique que les araignées, les scorpions et les opilions.
Leur corps est généralement compact et ne présente pas la séparation très nette entre céphalothorax et abdomen que l'on observe chez les araignées. Chez l'adulte, ils possèdent habituellement quatre paires de pattes, comme les autres arachnides, tandis que les larves possèdent généralement trois paires de pattes.
Les acariens possèdent des pièces buccales adaptées à des régimes alimentaires très variés. Selon l'espèce, ils peuvent se nourrir de matière organique, de champignons, de plantes, de petits organismes ou de sang et de tissus d'autres animaux.
Cycle de développement
Le cycle de vie des acariens varie selon les espèces, mais comprend généralement plusieurs stades :
- l'œuf ;
- la larve ;
- un ou plusieurs stades nymphaux ;
- l'adulte.
Les larves possèdent généralement trois paires de pattes, tandis que les nymphes et les adultes en possèdent quatre.
La durée du développement dépend notamment de l'espèce, de la température, de l'humidité et de la disponibilité de nourriture.
Acariens de la poussière domestique
Les acariens de la poussière domestique sont principalement représentés par différentes espèces, notamment Dermatophagoides pteronyssinus et Dermatophagoides farinae.
Ils se retrouvent particulièrement dans les environnements intérieurs où l'humidité et la température sont favorables à leur développement. Ils peuvent notamment être présents dans :
- les matelas ;
- les oreillers ;
- la literie ;
- les tapis ;
- les meubles rembourrés ;
- la poussière domestique.
Ces acariens se nourrissent principalement de débris organiques, notamment de squames cutanées humaines et animales.
Acariens et allergies
Les acariens de la poussière domestique constituent une source importante d'allergènes intérieurs. Certaines protéines présentes notamment dans leurs déjections et dans leur corps peuvent être inhalées ou entrer en contact avec les muqueuses.
Chez les personnes sensibilisées, ces allergènes peuvent contribuer à provoquer ou à aggraver :
- la rhinite allergique ;
- la conjonctivite allergique ;
- certains symptômes d'asthme ;
- des manifestations allergiques respiratoires.
Les symptômes peuvent comprendre des éternuements, une congestion nasale, un écoulement nasal, des démangeaisons, une toux ou une respiration sifflante chez les personnes atteintes d'asthme.
Il est important de préciser que ce ne sont pas les acariens qui « piquent » généralement les personnes allergiques : les réactions sont principalement dues à l'exposition à leurs allergènes.
Conditions favorables aux acariens domestiques
Les acariens de la poussière domestique se développent particulièrement bien dans des environnements chauds et humides. Leur abondance peut donc être influencée par les conditions du logement.
La réduction de l'humidité intérieure peut contribuer à limiter leur prolifération. Une ventilation adéquate et le contrôle de l'humidité sont particulièrement importants dans les environnements favorables à leur développement.
Réduction de l'exposition
Chez les personnes sensibilisées aux acariens, plusieurs mesures peuvent contribuer à réduire l'exposition aux allergènes :
- utiliser des housses anti-acariens pour les matelas et les oreillers ;
- laver régulièrement la literie selon les recommandations du fabricant ;
- maintenir une humidité intérieure relativement faible ;
- réduire l'accumulation de poussière ;
- nettoyer régulièrement les surfaces ;
- utiliser un aspirateur équipé d'un filtre à haute efficacité lorsque cela est approprié ;
- limiter les textiles et objets difficiles à nettoyer dans la chambre à coucher.
Ces mesures visent principalement à réduire l'exposition aux allergènes. Elles ne permettent pas nécessairement d'éliminer complètement les acariens d'un logement.
Acariens parasites des animaux
Certaines espèces d'acariens sont des parasites d'animaux. Ils peuvent vivre à la surface de la peau ou dans des structures cutanées et provoquer différentes maladies.
Chez les animaux domestiques, certaines infestations peuvent entraîner :
- des démangeaisons importantes ;
- des rougeurs ;
- des croûtes ;
- une perte de poils ;
- une inflammation de la peau ;
- des lésions dues au grattage.
La gale est notamment associée à plusieurs espèces d'acariens parasites. Chez le chien, Sarcoptes scabiei var. canis peut provoquer la gale sarcoptique. Chez le chat, différents acariens peuvent être responsables d'affections cutanées ou auriculaires.
Le diagnostic et le traitement dépendent de l'espèce concernée et doivent être réalisés avec l'aide d'un professionnel de la santé animale.
Acariens et plantes
De nombreux acariens vivent également sur les végétaux. Certains sont des ravageurs agricoles et horticoles importants.
Les tétranyques, par exemple, peuvent se nourrir de la sève des plantes et provoquer :
- une décoloration des feuilles ;
- l'apparition de petits points ou de plages décolorées ;
- un jaunissement ;
- une diminution de la vigueur de la plante ;
- dans les infestations importantes, une chute des feuilles.
À l'inverse, certains acariens sont des prédateurs bénéfiques utilisés notamment dans la lutte biologique contre des ravageurs.
Rôle écologique
La majorité des acariens ne représente pas une menace pour la santé humaine. Ils jouent au contraire de nombreux rôles écologiques.
Dans les sols et la litière, certaines espèces participent à la décomposition de la matière organique et au recyclage des nutriments. D'autres sont des prédateurs de petits organismes et contribuent à la régulation des populations d'autres arthropodes.
Certains acariens sont également utilisés en lutte biologique contre des ravageurs agricoles, notamment certains insectes et acariens phytophages.
La diversité des acariens en fait donc un groupe important dans le fonctionnement des écosystèmes.
Acariens et santé humaine
Les effets des acariens sur la santé humaine dépendent fortement de l'espèce concernée.
Les principales situations médicales comprennent :
- les réactions allergiques aux acariens de la poussière domestique ;
- certaines infestations parasitaires ;
- plus rarement, des réactions cutanées associées à certaines espèces.
Il ne faut donc pas considérer tous les acariens comme des organismes nuisibles. La grande majorité des espèces vivent dans l'environnement sans avoir de conséquences négatives directes pour l'être humain.
Diagnostic des infestations
La présence d'acariens ne peut pas toujours être déterminée simplement par une inspection visuelle, notamment lorsqu'il s'agit d'espèces microscopiques.
Dans le contexte médical ou vétérinaire, l'identification d'une infestation peut nécessiter l'examen de prélèvements cutanés, de poils, de squames ou d'autres échantillons au microscope.
Dans le cas des allergies respiratoires, des tests allergologiques peuvent être utilisés pour déterminer si une personne est sensibilisée à certains allergènes d'acariens.
Traitement
Le traitement dépend entièrement de la situation.
Pour les allergies aux acariens, la prise en charge repose principalement sur la réduction de l'exposition aux allergènes et, lorsque nécessaire, sur des traitements destinés à contrôler les symptômes. Une immunothérapie allergénique peut également être envisagée chez certaines personnes présentant une allergie documentée.
Pour une infestation parasitaire chez un animal ou chez l'humain, le traitement dépend de l'espèce d'acarien responsable et nécessite parfois un traitement antiparasitaire spécifique.
Pour les plantes infestées, différentes méthodes de lutte peuvent être utilisées, notamment des mesures culturales, biologiques ou, lorsque cela est nécessaire, des traitements phytosanitaires appropriés.
À retenir
Les acariens constituent un groupe extrêmement diversifié d'arachnides microscopiques ou de très petite taille présents dans presque tous les environnements. Certains jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes en participant à la décomposition de la matière organique ou à la régulation des populations d'autres organismes.
Certaines espèces ont toutefois une importance médicale, vétérinaire ou agricole. Les acariens de la poussière domestique peuvent notamment provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibilisées, tandis que certaines espèces parasites peuvent être responsables de maladies cutanées chez l'humain ou l'animal.
La présence d'acariens ne constitue donc pas en soi un problème : leur impact dépend avant tout de l'espèce, de son habitat et de son interaction avec l'être humain, les animaux ou les plantes.
Sources
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- Krantz, G. W., & Walter, D. E. (2009). A Manual of Acarology. Texas Tech University Press.
- Walter, D. E., & Proctor, H. C. (2013). Mites: Ecology, Evolution & Behaviour. Springer.