L'accident ischémique transitoire (AIT) est un épisode neurologique soudain provoqué par une diminution ou une interruption temporaire de l'apport sanguin dans une partie du cerveau, de la moelle épinière ou de la rétine, sans infarctus cérébral aigu permanent correspondant aux symptômes.
L'AIT constitue une urgence médicale. Même lorsque les symptômes disparaissent spontanément en quelques minutes, il peut annoncer un accident vasculaire cérébral (AVC) imminent. Une évaluation médicale rapide permet de rechercher la cause de l'épisode et de mettre en place des mesures visant à réduire le risque d'AVC.
Symptômes
Les symptômes d'un AIT apparaissent généralement brutalement et dépendent de la région du système nerveux touchée.
Ils peuvent notamment comprendre :
- une faiblesse ou une paralysie soudaine du visage, d'un bras ou d'une jambe, particulièrement d'un seul côté du corps ;
- un engourdissement ou une perte de sensibilité soudaine ;
- une difficulté soudaine à parler ou à comprendre la parole ;
- une vision trouble ou une perte de vision d'un œil ou d'une partie du champ visuel ;
- une difficulté soudaine à marcher ou à maintenir son équilibre ;
- des étourdissements ou une perte de coordination ;
- plus rarement, d'autres déficits neurologiques soudains.
Certains AIT touchant la circulation postérieure peuvent notamment provoquer des troubles de l'équilibre, de la coordination, de la vision ou du langage.
AIT et AVC
Un AIT et un AVC ischémique peuvent provoquer des symptômes très similaires au début. La différence fondamentale concerne la présence ou l'absence d'une lésion cérébrale aiguë correspondant aux symptômes.
Dans l'approche moderne, un AIT correspond à un épisode neurologique transitoire sans infarctus cérébral aigu. À l'inverse, lorsqu'un infarctus cérébral aigu est démontré, l'événement est considéré comme un AVC ischémique, même si les symptômes ont complètement disparu.
La durée des symptômes ne suffit donc pas à distinguer un AIT d'un AVC.
L'ancienne définition utilisait principalement une durée inférieure à 24 heures. Cette limite temporelle reste utile pour comprendre l'histoire de la terminologie, mais elle n'est plus le principal critère diagnostique moderne.
Pourquoi l'AIT est une urgence
La disparition des symptômes ne signifie pas que le danger est écarté.
Après un AIT, le risque de subir un AVC est particulièrement élevé dans les heures et les jours qui suivent. L'évaluation rapide permet notamment d'identifier une cause pouvant être traitée et de commencer rapidement une prévention secondaire.
Il ne faut donc pas attendre que les symptômes réapparaissent ou s'aggravent pour consulter.
Toute apparition soudaine de symptômes neurologiques compatibles avec un AIT ou un AVC nécessite une évaluation urgente, même si les symptômes disparaissent complètement.
Principales causes
Un AIT peut avoir plusieurs mécanismes. Les causes fréquentes comprennent notamment :
Athérosclérose des artères
Une plaque d'athérosclérose peut se former dans une artère alimentant le cerveau. Un fragment de plaque ou un caillot peut se détacher et obstruer temporairement une artère cérébrale.
Embolie cardiaque
Un caillot peut se former dans le cœur puis être transporté par la circulation sanguine jusqu'au cerveau.
La fibrillation auriculaire constitue notamment une cause importante d'embolie cérébrale.
Maladie des petites artères
L'atteinte des petites artères cérébrales, souvent associée à l'hypertension artérielle et à d'autres facteurs de risque vasculaire, peut également contribuer à certains événements ischémiques.
Sténose carotidienne
Un rétrécissement important d'une artère carotide peut réduire le débit sanguin ou favoriser la formation d'emboles vers le cerveau. Lorsqu'une sténose carotidienne symptomatique importante est identifiée, une prise en charge spécifique peut être nécessaire.
Facteurs de risque
Les facteurs qui augmentent le risque d'AIT et d'AVC comprennent notamment :
- l'hypertension artérielle ;
- le diabète ;
- un taux élevé de cholestérol ;
- le tabagisme ;
- la fibrillation auriculaire et certaines autres maladies cardiaques ;
- l'âge avancé ;
- l'obésité ;
- la sédentarité ;
- certaines maladies vasculaires ;
- des antécédents d'AIT ou d'AVC.
Certains facteurs ne peuvent pas être modifiés, comme l'âge ou certains antécédents médicaux, tandis que d'autres peuvent être pris en charge afin de réduire le risque vasculaire.
Diagnostic
Le diagnostic d'un AIT repose sur l'histoire des symptômes, l'examen neurologique et des examens complémentaires destinés à rechercher une cause et à exclure ou confirmer un infarctus cérébral.
L'évaluation peut notamment comprendre :
- une imagerie cérébrale, généralement une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) ;
- une imagerie des artères carotides et cérébrales ;
- un électrocardiogramme ;
- une surveillance du rythme cardiaque afin de rechercher une fibrillation auriculaire intermittente ;
- des analyses sanguines ;
- une échocardiographie dans certaines situations.
L'IRM cérébrale avec diffusion est particulièrement sensible pour détecter les infarctus cérébraux aigus de petite taille.
Évaluation du risque d'AVC
Des outils cliniques peuvent être utilisés pour estimer le risque précoce d'AVC après un épisode compatible avec un AIT.
Le score ABCD2 prend notamment en compte :
- l'âge ;
- la pression artérielle ;
- certaines caractéristiques cliniques ;
- la durée des symptômes ;
- la présence d'un diabète.
Cependant, ce score ne remplace pas une évaluation médicale complète. Les caractéristiques de l'imagerie, la cause probable de l'AIT, la présence d'une sténose artérielle ou d'une fibrillation auriculaire et d'autres éléments cliniques peuvent modifier considérablement le niveau de risque et la prise en charge.
Traitement et prévention secondaire
L'objectif principal après un AIT est de prévenir un AVC ultérieur. Le traitement dépend de la cause identifiée.
Antiagrégants plaquettaires
Lorsque l'AIT est d'origine non cardioembolique, un antiagrégant plaquettaire peut être utilisé pour réduire le risque de formation de nouveaux caillots artériels.
Dans certaines situations présentant un risque élevé, une association temporaire de deux antiagrégants peut être prescrite pendant une période déterminée, avant de poursuivre avec un seul médicament.
Anticoagulants
Lorsqu'une fibrillation auriculaire ou une autre cause cardioembolique nécessitant une anticoagulation est identifiée, un anticoagulant peut être indiqué.
Les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires ne sont pas interchangeables : leur indication dépend du mécanisme responsable de l'événement.
Contrôle de la pression artérielle
La prise en charge de l'hypertension artérielle constitue un élément majeur de la prévention secondaire.
Cholestérol
Une prise en charge visant à réduire le risque athéroscléreux, notamment au moyen d'une statine lorsque celle-ci est indiquée, peut être recommandée.
Diabète
Un contrôle approprié de la glycémie contribue également à réduire le risque vasculaire à long terme.
Sténose carotidienne
Lorsqu'un AIT est attribuable à une sténose importante d'une artère carotide, une évaluation spécialisée peut être nécessaire.
Chez certains patients présentant une sténose carotidienne symptomatique importante, une intervention de revascularisation, notamment une endartériectomie carotidienne, peut réduire le risque d'AVC. Lorsque cette intervention est indiquée, son bénéfice dépend notamment du degré de sténose et du délai depuis l'événement.
Modifications du mode de vie
La prévention secondaire comprend également la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire.
Elle peut notamment comporter :
- l'arrêt du tabagisme ;
- une activité physique régulière adaptée à l'état de santé ;
- une alimentation favorisant la santé cardiovasculaire ;
- la réduction de la consommation excessive d'alcool ;
- le maintien d'un poids santé lorsque cela est approprié ;
- le contrôle de la pression artérielle, du cholestérol et du diabète ;
- l'observance des traitements prescrits.
Différence avec la migraine et d'autres troubles
Certains troubles peuvent produire des symptômes qui ressemblent à ceux d'un AIT, notamment certaines migraines avec aura, des crises épileptiques, des hypoglycémies ou d'autres affections neurologiques.
Cependant, lorsqu'un symptôme neurologique apparaît brutalement et pour la première fois, il ne faut pas supposer qu'il s'agit d'une migraine ou d'une autre cause bénigne sans évaluation médicale.
Que faire en cas de symptômes ?
Une personne qui présente soudainement une faiblesse d'un côté du corps, un trouble de la parole, une perte de vision, une difficulté importante à marcher ou tout autre déficit neurologique soudain doit être considérée comme pouvant subir un AVC.
Même si les symptômes disparaissent avant l'arrivée des secours, une évaluation urgente demeure nécessaire.
Au Canada, il faut appeler le 911 en présence de symptômes soudains compatibles avec un AVC ou un AIT. Il est préférable de noter l'heure à laquelle les symptômes ont commencé ou la dernière fois où la personne était connue comme étant sans symptômes.
À retenir
L'accident ischémique transitoire est un épisode neurologique soudain résultant d'une ischémie transitoire, sans infarctus cérébral aigu correspondant aux symptômes.
Un AIT doit être considéré comme un signal d'alarme majeur : le risque d'AVC est particulièrement important peu après l'événement. La disparition rapide des symptômes ne justifie donc pas d'attendre avant de consulter.
L'évaluation recherche notamment une fibrillation auriculaire, une maladie des artères carotides ou cérébrales et les autres facteurs de risque vasculaire. Le traitement est ensuite adapté à la cause et peut comprendre des antiagrégants plaquettaires, des anticoagulants, des statines, un traitement de l'hypertension et, dans certaines situations, une intervention sur une artère carotide.
La reconnaissance rapide des symptômes et l'intervention précoce constituent les éléments essentiels de la prévention de l'AVC après un AIT.
Sources
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